BRUXELLES, BELGIQUE / EuroWire / — Le trafic passagers dans les aéroports européens a chuté de 0,7 % en avril 2026 par rapport à l'année précédente, marquant ainsi le premier recul annuel depuis le début de la reprise post-pandémique dans la région en avril 2021. Ces chiffres, compilés par l'association aéroportuaire ACI Europe, témoignent d'une rupture avec plusieurs années de croissance régulière qui avaient suivi la forte contraction du trafic aérien pendant la crise de la COVID-19.

Le recul d'avril contraste avec celui de mars, où le trafic passagers sur le réseau aéroportuaire européen avait progressé de 3,8 % par rapport à mars de l'année précédente. En février, la hausse était de 4,2 %. Ce renversement de tendance intervient après que les aéroports européens ont dépassé en 2024 les volumes annuels de passagers d'avant la pandémie, année où le réseau a accueilli plus de 2,5 milliards de passagers, clôturant la saison avec un trafic supérieur de 1,8 % à celui de 2019.
Les dernières données ont révélé un contexte opérationnel contrasté, plutôt qu'un déclin uniforme sur tous les marchés. En avril, le transport aérien européen a été affecté par des perturbations liées au conflit au Moyen-Orient, à la hausse des prix du kérosène, aux restrictions d'espace aérien, aux modifications d'horaires de vols et aux conflits sociaux sur certains marchés. Les chiffres communiqués par les principaux opérateurs au niveau des aéroports ont montré d'importantes disparités entre les pays et les plateformes de correspondance.
Le trafic faiblit après une étape importante de reprise.
Les aéroports parisiens ont enregistré un recul moins marqué que plusieurs autres grands aéroports, tandis que Francfort a connu une baisse plus importante suite à une grève ayant perturbé les opérations de Lufthansa en avril. L'Espagne a maintenu une situation positive, son réseau aéroportuaire national affichant une croissance du trafic passagers en avril. Ces disparités soulignent l'influence des conditions d'exploitation locales sur le trafic aérien à l'échelle européenne.
Le contexte du transport aérien mondial s'est également dégradé en avril. L' Association internationale du transport aérien (IATA) a indiqué que la demande mondiale de passagers, mesurée en passagers-kilomètres payants, a chuté de 3,4 % sur un an, enregistrant ainsi sa première contraction mondiale depuis le début de la pandémie. Les compagnies aériennes du Moyen-Orient ont enregistré la baisse la plus marquée, tandis que les compagnies européennes ont fait état d'une légère hausse du trafic, selon ce même indicateur de demande.
Les données aéroportuaires révèlent des marchés inégaux
Les données relatives au trafic passagers dans les aéroports européens diffèrent de celles concernant la demande aérienne, car elles comptabilisent les passagers utilisant les aéroports, tandis que les chiffres des compagnies aériennes mesurent le trafic assuré par les transporteurs. Le recul du trafic aéroportuaire reflète donc la pression exercée sur les réseaux aéroportuaires, notamment les plateformes de correspondance, le trafic local et les perturbations ayant affecté le débit des aéroports au cours du mois. Ces chiffres font suite à une période durant laquelle les voyages d'agrément et internationaux ont largement contribué à la reprise du secteur aérien européen .
Les résultats d'avril ont remis en lumière la résilience du réseau aérien européen après quatre années de reprise suite aux creux atteints pendant la pandémie. Le recul, bien que limité en ampleur, a été significatif par son calendrier, puisqu'il s'agissait du premier chiffre annuel négatif depuis le début de la reprise. Les données ont montré que le trafic aéroportuaire européen était passé d'une expansion générale post-pandémique à une phase plus inégale, influencée par les performances nationales, les décisions des compagnies aériennes en matière de capacité et les perturbations opérationnelles.
L’article « Le trafic aéroportuaire européen chute pour la première fois depuis la reprise » est paru initialement sur le site du Scots Observer .
